galerie d'art en ligne
collection automne/hiver 2021 — 01.09 au 31.12

nadie borggreve (nl)

Les broderies de Nadie Borggreve font écho à la nature, profondément enracinée dans son travail. Ses œuvres à la dimension picturale, nous transportent dans une multitude de décors. Nous traversons des forêts aux couleurs automnales, contemplons végétations et motifs floraux avant de s’émerveiller devant une étendue d’eau reflétant les astres. On retrouve cet attrait pour les cieux dans ses créations aux allures de fenêtres gothiques. La laine se substitue au vitrail pour donner naissance à des formes stellaires. Nadie Borggreve joue aussi avec la composition de ses œuvres, qu’elle fragmente ou dispose comme des collages. L’artiste utilise différentes techniques : le tufting, le tricot intarsia et un procédé de teinture imaginé sur-mesure. Elle développe elle‑même ses couleurs et teint ses fils de laine à la main. En résulte des couleurs intenses d’une profondeur unique. La provenance de ses matières premières fait partie intégrante de son processus de création, qu’elle envisage à l’image de la nature, cyclique. Elle collectionne tissus et fils provenant de pièces d’occasion ou de stocks anciens. Certains fils sont directement détricotés de vieux vêtements puis récupérés. En les réutilisant, Nadie Borggreve cherche à préserver leur histoire et à créer un dialogue entre la mémoire des choses et leur dimension tactile.

Nadie Borggreve (née en 1991) vit et travaille à Amsterdam. Elle a étudié à la Royal Academy of Art (La Haye) où elle a remporté en 2016 le prix du département Textile et Mode. Après avoir travaillé dans le domaine du design de mode, c’est à la suite d’une résidence en Norvège que sa pratique du textile se tourne vers les beaux-arts.

portrait de l’artiste : Ruud Jansen

hiroshi kan (jp)

Hiroshi Kan pratique le dessin tel un assemblage disparate de formes et de matières. À la fois figuratives et abstraites, ses créations reposent avant tout sur leur puissance d’évocation. En oblitérant certains détails ou éléments de décor, il décompose ses œuvres et les réinvente de manière singulière. Par cette absence latente de motifs, de continuité dans certains contours, il interpelle notre regard et l’incite à décoder ce qu’il perçoit. Le caractère fragmentaire des travaux d’Hiroshi Kan provoque de prime abord, une forme de désorientation. En disséminant des éléments figuratifs partiels pour suggérer — plutôt que de montrer — il favorise l’interprétation. Son vocabulaire graphique se joue des échelles et des perspectives tout en obéissant à une minutie implacable. Duplication d’objets et de figures, espaces rectilignes, lignes rigoureusement droites : dans chacune de ces images, l’ordre prédomine. L’artiste multiplie également les références à la culture populaire nippone, instillant dans certaines de ses œuvres une fantaisie « kawaii ». Il use volontiers des codes du manga, notamment de différents types de trames pour ajouter textures et ornements et complexifier ses dessins. Son art hybride ne semble rentrer dans aucune case, sinon peut-être dans celle d’un graphisme résolument expérimental. Geoff Vallon, ÉLÉGIE EN BLEU

Né à Osaka (Japon) en 1973, Hiroshi Kan est un illustrateur. Il a notamment conçu des ouvrages, jaquettes de CD, couvertures de magazines tels que Casa BRUTUS et Blueprint. Il a également participé à plusieurs expositions solo et collectives : HB Gallery, Tokyo (‘Blood is so’ en 1997); Rocket, Tokyo (‘Cut out’ en 2001 et ‘Mega Float’ en 2003); Blink Gallery, London (‘FULLCIRCLE Presents Hiroshi Kan’ en 2004); Pulp, Osaka (‘Summer Sweater’ en 2018) et récemment à Opaltimes galerie, Osaka, en 2021.

matt lock (us)

Les dessins de Matt Lock peuvent être vus comme des images provenant d’un futur hautement radioactif. Témoignage prémonitoire d’un avenir dévasté par les dérives de la consommation de masse, où l’on assiste aux mutations les plus atroces de l’espèce humaine. Ça et là, ordures et déchets biologiques s’amoncellent dans les décharges à ciel ouvert que l’artiste dépeint. Des mutants s’y affrontent, aliénés, mutilés, la chair pénétrée par d’étranges implants bioniques ressemblant à des excroissances. Tout n’est que bitume souillé, guerre et désolation. Ces univers dystopiques puisent dans l’imagerie de la S.F. des années 80/90. Il s’en échappe une puissance primitive et viscérale, enhardie par la vision anxiogène d’un futur condamné. La force de l’art de Matt Lock réside dans une forme d’esthétisation du monstrueux. Son imaginaire est particulièrement traversé par la représentation de l’organique et ses mutations. Une prédilection qui nous renvoie au concept de fusion corps-machine exalté par les romans de science-fiction de William S. Burroughs et J. G. Ballard. L’utilisation d’un papier de couleur permet à l’artiste de faire régner un sentiment de nostalgie autour de ces environnements sinistres. En opposition à la violence omniprésente dans ces dessins, une certaine effervescence subsiste dans cette Apocalypse. Geoff Vallon, ÉLÉGIE EN BLEU

Matt Lock est un illustrateur autodidacte et peintre occasionnel, originaire du Massachusetts mais résidant à proximité de New York depuis 2010. La majeure partie de son travail consiste en des dessins au crayon sur papier de couleur de différents formats. Il publie ses œuvres sur Internet depuis 2006 et a exposé dans diverses galeries du monde entier. Plusieurs livres et zines ont été publiés sur son travail, à la fois seul (‘Suffering Vehicles’ Nieves, ‘Trapper Keeper 7’ MegaPress, etc) et aux côtés d’autres artistes (‘An Unknown power’ MegaPress, ‘Hôpital Brut 10’ Le dernier cri, etc).

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