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collection 02 — 01.02 au 31.07.2021

apolo cacho (mx)

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À la mesure de sa démesure graphique, l’œuvre d’Apolo Cacho repousse et dépasse les limites du cadre. D’une méticulosité vertigineuse, ses dessins nous transportent aux confins d’un monde où la folie et le chaos cohabitent avec la splendeur de cités oubliées. Sous différentes strates de détails s’entremêlent des formes insaisissables. On distingue dans cette accumulation les ruines d’une civilisation, vestiges probables de l’empire aztèque qui font écho aux origines mexicaines de l’artiste. Ces édifices à l’architecture complexe semblent avoir assisté au  naufrage inéluctable de l’humanité. Un monde post-apocalyptique en proie à la pollution et à la prolifération du nucléaire qui évoque la science-fiction désenchantée de Katsuhiro Otomo et de son œuvre culte Akira. Une fascination pour les univers dystopiques et torturés habite Apolo Cacho. Sa poésie funeste invoque dans chacun de ses dessins une cohorte de créatures fantastiques. Des vues prophétiques dans lesquelles il nous laisse entrevoir des corps décharnés en pleine mutation — voire en décomposition — sur lesquels la végétation reprend ses droits avec indolence. Quelque chose de résolument punk et mutant suinte de son univers. Une magie noire est à l’œuvre, hurlante, au service d’un langage qui échappe à la raison. Geoff Vallon, ÉLÉGIE EN BLEU

Basé à Mexico, Apolo Cacho développe une œuvre plurielle entre peinture, bande dessinée et graphisme. Il auto-publie son travail et participe régulièrement à des projets de bandes dessinées alternatives avec des collectifs tels que Decadence (UK), Joc‑Doc (MX), 2d Cloud (US), AIA (ES) et Mega Press (US). En 2014, il est sélectionné pour une résidence à la Maison des Auteurs d’Angoulême (FR). Expositions individuelles : Taco Ché (JP), Llama Gallery, Institute of Graphic Arts, Chopo University Museum (MX). Group shows : Musée de l’Université de Groningen (NL), Salon Für Kunstbuch (AT), LA Convention Center, SCOPE Art Fair NY (US), Seoul National University (KR), Institut Culturel Mexicain (FR).

simone schiefer (fr)

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Simone Schiefer identifie instantanément l’association de matériaux, de formes et d’usages qui détonne. Ce goût pour l’incongru transforme l’objet usuel en création inattendue. Son travail de recherche vise à améliorer nos usages, et par conséquent notre rapport au monde sensible. Avec son projet Jug Enhancing, elle propose une version optimisée de la carafe basée sur l’upcycling, rouage central dans son processus de production. Cette pratique valorise les objets usagés ou inutilisés en leur donnant une nouvelle vie. Pour glaner ses matières premières, Simone Schiefer sème des petites annonces. Une fois à l’atelier, les carafes récupérées sont transformées par l’ajout d’une deuxième poignée et d’un second bec verseur. Cette extension améliore la convivialité de ce récipient de table, curieusement inadapté dans sa forme initiale dès lors qu’il s’agit de le transmettre d’une personne à une autre. Son utilisation est alors plus inclusive, garantissant aux utilisateurs plus faibles ou moins stables une prise plus sûre. La procédure nécessite la fusion de deux carafes. Le résultat est une sorte de chimère, qui laisse apparaître l’assemblage des différents empiècements. La fantaisie futuriste des carafes de Simone Schiefer a tout pour révolutionner les tables de demain.

Simone Schiefer est une artiste—designer basée à Versailles (FR). Ses précédents projets incluent la scénographie de plusieurs courts métrages, expositions et performances à New York, Londres, Paris et Berlin. Certaines de ses créations, réalisées à partir de matériaux recyclés, ont notamment été présentées au V&A’s Day of Design (UK) et à Villette Makerz (FR).

vidéo : Catherine Song (animation), Ugo Nardini alias Adc303 (sound design)

antoine cossé (uk)

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En illustre explorateur des imaginaires, Antoine Cossé nous invite à l’immersion dans des univers aussi fantasques qu’élégants. Teintés d’onirisme, ses dessins n’ont de cesse d’osciller entre différentes tonalités graphiques. On retrouve dans son travail une certaine inclination pour les idéogrammes, ce vocabulaire visuel si cher à la bande dessinée franco-belge. Ces indices, cette ponctuation malicieuse pouvant évoquer une myriade d’émotions ou bruits contextuels, distillent dans son œuvre une certaine musicalité. Une tessiture au service de l’inventivité, magnifiée par des lavis subtilement dégradés à l’aquarelle. L’artiste aime se jouer des perspectives pour mieux s’affranchir des caractéristiques structurelles. Il s’inscrit en cela dans une démarche d’expérimentation pour faire jaillir une nouvelle forme d’expressivité. On retrouve dans son œuvre une multitude de références — notamment cinématographiques — qu’il s’approprie avec une palette de couleurs vibrantes. Le trait de crayon vigoureux et les nombreuses hachures donnent une épaisseur certaine à ces scènes figées. Wim Wenders, David Cronenberg, Leos Carax, inutile d’être exhaustif pour comprendre qu’Antoine Cossé est un fin cinéphile. Geoff Vallon, ÉLÉGIE EN BLEU

Antoine Cossé est un illustrateur et auteur de bande dessinée. Il a étudié au Camberwell College of Arts à Londres où il vit et travaille actuellement. Son  travail a été publié par Breakdown Press, Fantagraphics Books, Colorama, L’employé du Moi et Les Requins Marteaux. En tant qu’illustrateur, Antoine Cossé a travaillé entre autres avec The Guardian, The New York Times, Unicef, Medium, Wetransfer.

park pardon (be)

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« Schijngelaten » est une série de masques en papier mâché, fabriqués à la main par le duo Park Pardon. Très présent dans le domaine du théâtre, le masque offre un avantageux pouvoir de dissimulation. Il est aussi intimement lié aux commémorations et célébrations dans de nombreuses cultures à travers le monde. Toutes ces représentations sont autant d’inspirations pour le binôme d’artistes. La tradition du masque fait partie intégrante du folklore belge. Un héritage que l’on retrouve dans les peintures de James Ensor, dont l’art du bizarre hante encore Ostende. Ces figures chamarrées invoquent l’atmosphère festive du carnaval, ce monde à l’envers où les rapports sociaux sont caricaturés. Avec leurs pommettes bariolées et leur regard bienveillant, les masques de Park Pardon expriment une certaine sérénité. On imagine une histoire singulière sous les traits de pinceaux qui animent chacune de ces figures maquillées. Le travail de confection artisanal leur confère un caractère insolite et fait de ces joyeux personnages, de précieux objets à contempler.

Park Pardon rassemble les artistes Bloeme Van Bon et Geran Knol. Originaires des Pays-Bas, ils sont actuellement installés à Anvers (BE). Leur collaboration débute en 2012, en parallèle de leurs pratiques artistiques respectives. Ce travail collaboratif donne naissance à plusieurs publications, un livre ainsi qu’une production variée à mi-chemin entre sculptures et objets fonctionnels.

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